25 août 2017 ~ 0 Commentaire

Code du travail, la semaine clé

Cette semaine, tous les partenaires sociaux ont été reçus au ministère du travail. Symbole embarrassant, la première organisation à avoir été reçue n’est autre que le… MEDEF, qui a largement inspiré cette réforme libérale du code du travail. Les partenaire sociaux n’ont donc eu que leurs yeux pour pleurer devant une partie des ordonnances, lesquelles seront adoptées en Conseil des Ministres le 18 septembre.

La méthode est habile : elle vise à anesthésier les syndicats. Tout d’abord, seulement une partie des ordonnances sera présentée aux partenaires sociaux, qui ne sont jamais réunis ensemble, mais seulement organisation par organisation. De fait, cela empêche de porter un regard général sur cette réforme du travail, alors que celle-ci risque de modifier durablement la règle du jeu au détriment des salariés. Les syndicats se trouvent pris en otage, puisque que les ordonnances leurs sont seulement montrées, sans possibilité de prendre des notes ni de repartir avec des documents écrits. Nous sommes là face à un déni de démocratie hallucinant : en plus de la divulgation partielle d’informations aux syndicats, ceux-ci ont interdiction totale de communication avec la presse. Visiblement, les Français n’ont pas le droit de savoir ce qui se mijote quant à leurs droits. Ce déni à la fois démocratique et social doit pousser nos concitoyens à faire entendre leur voix : le président, toujours sur son Olympe instable, semble oublier qu’il a été élu par seulement 24% des électeurs. Il se doit donc d’écouter tous les autres.

Plusieurs points délicats sont l’objet d’un passage en force du gouvernement : toujours plus de négociations par accord d’entreprise et non par négociation de branche, plafonnement des indemnités prud’homales, possibilité pour l’employeur d’imposer un référendum par sa seule initiative. De même, les syndicats se braquent par crainte que le contrôle des revendications des salariés leur échappent. Mais face à un tel passage en force libéral, il n’y a d’autre choix que de prendre fait et cause pour la défense des salariés. La conquête de nos droits fut longue, progressive, avec des décennies de lutte. Aujourd’hui, nous devrions nous battre pour garder de nouveaux droits. Nous nous retrouvons à nous bagarrer pour en perdre le moins possible.

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