20 août 2017 ~ 0 Commentaire

Nous devons gagner la bataille sémantique

Trop longtemps, nous avons négligé le pouvoir des mots. Mais la reconquête électorale des prochaines années passera par la reconquête sémantique, avant toute autre chose.

La gauche s’est trop habituée à utiliser les termes des libéraux et des nationalistes : certains se sont habitués à parler en termes de « charges », alors que nous devrions parler de « cotisations sociales » ; d’autres ont commencé à employer des vocables nouveaux tels que « gouvernance », qui traduit plus la gestion d’une entreprise que d’un pays ; d’aucuns parlent de « migrants », alors qu’il faut parler de réfugiés. Quand on commence à adopter le vocabulaire de l’adversaire politique, on est déjà perdant, même si les idées présentées sont les meilleures du monde. Une fois cette bataille perdue, nous nous sommes retrouvés à devoir attendre le retour au pouvoir par le jeu d’alternance, par opposition à un pouvoir de droite, mais sans fédérer derrière un projet politique fort. Ces dernières années, la paresse intellectuelle a été de mise à gauche, et elle s’est traduite par une paresse sémantique : la défaite n’en a été que plus rude et plus difficile.

Aujourd’hui, nous ne pouvons plus que constater que nous avons perdu la bataille culturelle face aux libéraux et aux sécuritaires. Mais il n’est jamais trop tard pour s’atteler à la reconquête de l’opinion. Nous avons 5 ans. 5 ans, c’est à la fois court et à la fois long. Mais nous avons le devoir de faire un travail intellectuel et programmatique de profondeur et de long terme. Nous ne pourrons plus gagner sans en revenir à des marqueurs idéologiques forts : défense des plus faibles, régulation d’un monde où les règles sont toujours de plus en plus faibles et inexistantes, affirmation de l’impératif écologique, création d’un vrai projet éducatif, maintien de nos valeurs humanistes et bienveillantes. 

Il conviendra également de fonder un projet crédible, porteur d’espoir et applicable afin de convaincre une majorité d’électeurs.

Bref, la tâche qui nous incombe est immense, rude et longue, mais elle est noble, belle et nécessaire. Cette bataille sémantique et intellectuelle est un travail qui nous concerne tout un chacun : nous ne devons plus nous laisser entraîner sur le terrain des libéraux et des sécuritaires. Nous devons être fiers de ce que nous sommes et de ce que nous serons. Pour une gauche qui gagne !

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